posted by La psychanalyste4/13/2026
Il y a une phrase que j'entends régulièrement dans mon cabinet, à Rabat. Elle vient de médecins, d'infirmiers, de sages-femmes, d'aides-soignants. Elle est dite à voix basse, parfois avec honte, parfois avec soulagement de pouvoir enfin la prononcer :
« Je ne me reconnais plus. »
Les soignants à Rabat comme partout au Maroc et dans le monde sont les grands oubliés de la santé mentale. Formés à donner, à tenir, à résister, ils ont appris à reléguer leur propre souffrance au dernier rang de leurs priorités. Pourtant, les données scientifiques sont sans appel : l'épuisement des soignants est une réalité clinique documentée, massive, et profondément sous-traitée.
Cet article s'adresse à tous les soignants à Rabat et au Maroc qui se reconnaissent dans ce silence. Il propose une lecture à la fois clinique, psychanalytique et humaine de ce qui se passe réellement derrière l'épuisement — et un chemin vers la reconstruction.
Les données scientifiques disponibles sur les soignants marocains sont préoccupantes et encore largement méconnues du grand public.
Une étude publiée dans Pan African Medical Journal menée au CHU Ibn Rochd de Casablanca révèle que le burnout sévère touche 31,8 % des médecins en formation. Ce chiffre monte à 63 % de soignants en situation de burnout tous niveaux confondus dans les unités d'urgences, de réanimation et de maternité d'hôpitaux marocains étudiés (PMC, 2017 ; PMC, 2021).
Une étude transversale menée auprès des professionnels des unités de veille sanitaire COVID-19 au Maroc, publiée sur PubMed Central, documente que 35,6 % des soignants présentent un épuisement émotionnel élevé, et que 85,9 % d'entre eux se trouvent en situation d'accomplissement personnel bas ce que la clinique reconnaît comme l'un des critères les plus insidieux du burnout (PMC, 2021).
À l'échelle internationale, le baromètre Odoxa-MNH de 2025 indique que 35 % des soignants se déclarent en mauvaise santé mentale : un taux deux fois et demi supérieur à celui de la population active générale. Plus alarmant encore : selon une enquête de l'OMS Europe, un soignant sur dix déclare avoir eu des pensées suicidaires dans le cadre de son exercice professionnel.
Ces chiffres ne sont pas des abstractions. Ce sont des collègues, des proches, des soignants à Rabat et dans tout le Maroc qui souffrent en silence derrière un mur de compétence et de devoir.
Le terme burnout ou syndrome d'épuisement professionnel est souvent confondu avec la fatigue, le stress passager ou le simple surmenage. La clinique psychanalytique permet de les distinguer avec précision.
La fatigue ordinaire se récupère. Le burnout, lui, ne part pas avec le repos. Il s'installe dans trois dimensions simultanées, décrites par le Maslach Burnout Inventory (MBI), l'outil de référence dans toutes les études menées sur les soignants marocains :
• L'épuisement émotionnel : cette sensation d'être vidé de toute ressource intérieure, incapable de mobiliser la moindre énergie affective pour le patient, la famille, le collègue. Les soignants décrivent souvent ce stade comme un vide intérieur inexplicable, un sentiment d'être « à sec ».
• La dépersonnalisation : une distance émotionnelle croissante avec les patients, parfois vécue comme de la froideur, du cynisme, de l'indifférence. Les soignants qui vivent ce processus s'y reconnaissent rarement au départ. Ils croient « gérer ». En réalité, ils se protègent.
• La baisse du sentiment d'accomplissement personnel : l'impression de ne plus être compétent, de ne plus servir à rien, que tout effort est vain. C'est souvent le stade qui précède la dépression clinique chez les soignants.
Ces trois dimensions peuvent se manifester ensemble ou séparément, avec des degrés de sévérité variables. Mais dans tous les cas, elles signalent une blessure psychique qui nécessite un accompagnement.
Le burnout n'est pas le seul risque psychique qui guette les soignants. Les dynamiques relationnelles toxiques au sein des équipes — harcèlement hiérarchique, manipulation, déni de réalité — peuvent aggraver considérablement l'épuisement. Pour comprendre ces mécanismes, lire : Gaslighting Rabat : ce que la psychanalyse révèle vraiment
La psychanalyse et la psychologie jungienne en particulier offre une grille de lecture qui va bien au-delà de la simple surcharge de travail.
Le choix du soin : une vocation qui parle de l'inconscient
Jung nous enseigne qu'aucun choix professionnel n'est anodin. Le choix de soigner et de se consacrer à la guérison de l'autre, d'être là dans la douleur, dans la mort, dans la vulnérabilité humaine est souvent animé par des moteurs inconscients profonds : un besoin de réparer une blessure ancienne, une identification à un rôle salvateur, une difficulté à tolérer l'impuissance. Les soignants portent souvent, sans le savoir, le complexe du sauveur qui est cette conviction inconsciente que leur valeur dépend de leur capacité à aider, à guérir, à ne jamais faillir. Lorsque le système de santé ne leur permet plus de soigner comme ils le voudraient, c'est leur identité profonde qui s'effondre, pas seulement leur motivation professionnelle.
Ce besoin inconscient de réparer l'autre, de se sacrifier pour préserver la relation, ne touche pas que les soignants dans leur rapport aux patients. On le retrouve également dans les dynamiques amoureuses et familiales — notamment dans ce que la clinique appelle la dépendance affective, un mécanisme profondément lié aux blessures narcissiques précoces.
L'Ombre du soignant : ce qui n'a jamais été dit
Dans la culture professionnelle des soignants, certaines émotions sont profondément interdites : la colère contre un patient, la peur de mal faire, le sentiment d'être dépassé, le désir de fuir. Ces émotions que Jung nomme l'Ombre sont reléguées dans l'inconscient dès la formation. On apprend aux soignants à « faire face », à « rester professionnels », à ne jamais montrer leur propre fragilité.
Mais l'Ombre refoulée ne disparaît pas. Elle s'accumule. Elle ressort sous d'autres formes : irritabilité inexpliquée, cynisme, troubles du sommeil, somatisations, dépression.
L'accompagnement psychanalytique des soignants à Rabat consiste précisément à créer un espace où cette Ombre peut enfin être nommée sans jugement, sans honte, sans devoir de performance.
Les soignants à Rabat et dans les grandes villes marocaines font face à des facteurs spécifiques qui amplifient les risques d'épuisement et qui méritent d'être nommés.
La pression structurelle du système de santé public. Les études marocaines documentent une surcharge de travail chronique : plus de 40 heures hebdomadaires pour la majorité des soignants, plus de dix gardes par mois pour certains, dans des structures souvent sous-équipées (PMC, 2021 ; ScienceDirect, 2025).
L'absence d'accompagnement psychologique institutionnel. Les études menées sur les soignants des CHU marocains — notamment à Casablanca et Marrakech — révèlent que le manque d'accompagnement professionnel est l'un des facteurs les plus fortement associés au burnout sévère (PMC, 2017). Les dispositifs de soutien psychologique dédiés aux soignants restent rares, voire inexistants dans la plupart des structures publiques marocaines.
L'injonction culturelle au silence. Dans le contexte marocain, la demande d'aide psychologique reste encore associée à une forme de faiblesse ou d'échec, particulièrement pour les professionnels de santé. Les soignants sont censés « tenir ». Consulter un psychanalyste ou un psychologue peut être vécu comme une défaillance, non comme un acte de responsabilité envers soi-même et ses patients.
La confrontation quotidienne avec la mort et la souffrance. Les soignants à Rabat travaillant en réanimation, aux urgences, en soins palliatif, en oncologie ou en maternité sont exposés à des traumatismes vicariatifs répétés ce que la clinique nomme la fatigue de compassion sans espace de décompression ni supervision clinique.
La fatigue de compassion est un phénomène distinct du burnout, bien qu'ils coexistent souvent chez les soignants.
Elle désigne l'usure émotionnelle qui résulte de l'exposition répétée à la souffrance des patients. Le soignant absorbe, jour après jour, la douleur de l'autre. Il ne peut pas et ne doit pas y rester insensible : c'est précisément sa capacité à être touché qui fait de lui un bon soignant. Mais sans espace de traitement de cette charge émotionnelle, le système psychique finit par se protéger de la seule façon qu'il connaisse : en se fermant.
C'est ce que la clinique jungienne décrit comme la destruction de la fonction empathique non par manque de sensibilité, mais par saturation. Le soignant qui paraît froid, distant, déshumanisé est souvent un soignant qui a perdu le chemin de ses propres émotions à force de les mettre de côté.
Dans les services de réanimation, d'urgences ou de soins palliatifs, les soignants à Rabat vivent parfois des traumatismes aigus : un décès brutal, une erreur médicale, une violence d'un patient ou d'une famille qui ne sont jamais traités cliniquement. Ces expériences s'enkystent, sans qu'un espace de parole leur soit consacré.
La confrontation répétée à la souffrance et à la mort peut générer des symptômes proches de ceux décrits dans le trouble de stress post-traumatique. Ces mêmes mécanismes psychiques : dissociation, hypervigilance, effacement du Soi sont au cœur de ce que vivent les victimes d'emprise relationnelle. À ce sujet : Pervers narcissique Rabat : ce que la psychanalyse dit vraiment
Il est temps de nommer clairement ce que la clinique sait depuis longtemps : les soignants ont le droit et la responsabilité professionnelle de prendre soin de leur propre santé psychique.
Un soignant épuisé soigne moins bien. Un soignant en burnout fait plus d'erreurs. Un soignant dont l'empathie s'est effondrée ne peut plus offrir à ses patients la qualité de présence dont ils ont besoin. Prendre soin des soignants, c'est donc aussi prendre soin des patients.
La psychanalyse jungienne propose un espace thérapeutique spécifiquement adapté aux réalités des soignants à Rabat :
• Nommer l'Ombre professionnelle.
Créer un espace où les émotions interdites du métier : la colère, la peur, le dégoût, l'impuissance peuvent être dites, accueillies, intégrées. Non pas pour qu'elles disparaissent, mais pour qu'elles cessent d'agir à l'insu du soignant.
• Restaurer le sens de la vocation.
Le burnout s'accompagne souvent d'une perte totale du sens. La psychanalyse jungienne aide le soignant à retrouver le fil de sa vocation originelle — ce qui l'a amené à choisir de soigner — et à remettre ce fil en lien avec sa pratique actuelle.
• Traiter les traumatismes vicariatifs.
Créer un espace de décompression pour les expériences traumatiques non traitées : les morts, les échecs, les violences qui s'accumulent dans la psyché des soignants sans jamais être nommées.
• Reconstruire l'identité hors du rôle.
Les soignants s'identifient souvent totalement à leur fonction. Qui suis-je en dehors du blouse blanche ? C'est une question fondamentale que la psychanalyse jungienne pose et accompagne vers le processus d'individuation, ce chemin par lequel un être humain redevient lui-même dans toute sa complexité.
Plusieurs signes indiquent qu'un accompagnement est devenu nécessaire pour les soignants à Rabat :
• Vous n'avez plus de plaisir à soigner, là où vous en aviez autrefois
• Vous vous sentez vide en rentrant du travail — pas fatigué, mais vide
• Vous avez des comportements de fuite : alcool, écrans, isolement
• Vous présentez des troubles du sommeil persistants, des cauchemars liés à des scènes cliniques
• Vous avez du mal à « éteindre » le travail, même en dehors de vos heures de service
• Vous ressentez un sentiment croissant d'incompétence malgré vos années d'expérience
• Vous avez des pensées de quitter la profession
Ces signes ne sont pas une faiblesse. Ce sont des signaux du psychisme qui demande à être entendu.
Je suis Ghosnelbane Rose Rochdi, psychanalyste jungienne à Rabat. J'accompagne en cabinet et en ligne les soignants à Rabat et dans tout le Maroc qui traversent l'épuisement professionnel, la fatigue de compassion, ou un questionnement profond sur leur identité et leur vocation. Un premier entretien permet de nommer ce qui se passe, sans jugement, dans un espace de confidentialité totale.
📞 WhatsApp : +212 7 64 44 73 79
📧 roserochdi@gmail.com
Note clinique : Cet article a une vocation informative et éducative. Il ne remplace en aucun cas un diagnostic clinique posé par un professionnel de santé mentale qualifié. Si vous vous reconnaissez dans les situations décrites, consultez un psychologue, un psychiatre ou un psychanalyste à Rabat ou en ligne.
Oui. Les soignants sont exposés à des facteurs spécifiques — confrontation à la mort, fatigue de compassion, traumatismes vicariatifs — qui rendent leur épuisement particulièrement complexe et souvent mal reconnu.
Les études menées dans les hôpitaux marocains documentent entre 31,8 % et 63 % de soignants en situation de burnout, selon les services et les établissements étudiés (PMC, 2017 ; PMC, 2021).
Absolument. La consultation est strictement confidentielle. Consulter est un acte de responsabilité professionnelle, non une faiblesse. De nombreux soignants à Rabat et au Maroc franchissent ce pas et témoignent d'un changement profond.
Particulièrement. L'approche jungienne travaille avec la symbolique du métier, l'identité professionnelle, la vocation et l'Ombre — des dimensions centrales dans l'expérience des soignants.
Je propose un accompagnement à Rabat et partout au Maroc et pour les soignants du monde en visioconférence pour les soignants partout au Maroc. Contactez moi via WhatsApp ou par email pour un premier entretien.
Je suis Ghosnelbane Rose Rochdi, psychanalyste à Rabat d'orientation Jungienne. La psychanalyse Jungienne se pratique en face à face et non sur un divan donc je propose mon accompagnement de psychanalyste à Rabat et psychothérapeute en ligne. Ce blog explore les chemins de la psychanalyse, de la psychothérapie existentielle et du travail intérieur sur soi. Vous y trouverez des articles dédiés aux rêves, à la symbolique du corps, à la spiritualité, ainsi qu’à la quête de sens dans la vie quotidienne. À travers une approche à la fois clinique et humaniste, je partage des réflexions issues de ma pratique, de ma formation universitaire et de mon expérience personnelle. Chaque texte vise à éclairer les grands thèmes de la psychologie profonde : l’individuation, l’inconscient collectif, les archétypes, ou encore la relation entre le Soi et la culture. Ce blog s’adresse à toute personne curieuse de mieux comprendre ses émotions, ses blocages ou ses rêves. Il s’inscrit dans une démarche d’ouverture, où la psychanalyse rencontre la culture marocaine, les traditions spirituelles et les enjeux contemporains de la santé psychique. Que vous soyez en recherche de compréhension de soi, d’apaisement émotionnel ou de transformation intérieure, ces écrits ont pour vocation de vous accompagner dans votre cheminement vers plus de liberté, d’unité et d’authenticité.
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