posted by La psychanalyste8/26/2026
Pour surmonter une dépendance affective à Rabat,
une psychanalyste jungienne propose un accompagnement
en cabinet et en ligne, en français et en darija.
Contrairement aux thérapies comportementales,
la psychanalyse jungienne explore la racine de la dépendance —
non pas le symptôme mais la blessure qui le produit.
Il y a des amours qui nourrissent.
Et des amours qui dévorent.
Des relations où l'on grandit et où l'on devient plus soi-même en présence de l'autre.
Et des relations où l'on disparaît où l'on s'efface, se plie, s'oublie,
jusqu'à ne plus savoir qui on est sans ce regard posé sur nous.
La dépendance affective n'est pas de l'amour.
Ou plutôt elle ressemble à l'amour de l'extérieur.
Elle en a la chaleur, l'intensité, l'urgence.
Mais elle obéit à une autre logique, plus ancienne et plus douloureuse :
la logique de la survie psychique.
Cet article est pour ceux qui reconnaissent
ce mouvement intérieur qui cède,
cette peur panique quand l'autre ne répond pas,
ce besoin de réassurance qui ne se comble jamais vraiment.
Ce texte est pour ceux qui aiment trop
et souffrent trop de cet amour.
La définition clinique est précise. La dépendance affective, selon Scantamburlo, Pitchot et Ansseau
dans leur article de référence publié dans la Revue Médicale de Liège (2013),
se caractérise par :
une détresse émotionnelle liée à un attachement insécurisant,
une faible estime de soi et un besoin intense de réassurance,
se traduisant par l'incapacité d'assumer sans soutien
tout ce qui renvoie à la solitude.
Mais derrière cette définition rigoureuse,
il y a une expérience vécue bien plus complexe.
La personne qui souffre de dépendance affective
ne se vit pas comme dépendante.
Elle se vit comme aimante.
Intensément, totalement, exclusivement aimante.
Et c'est là que réside le piège :
elle confond la profondeur de sa souffrance
avec la profondeur de son amour.
Jung est l'un des rares cliniciens du XXe siècle
à avoir développé une réflexion spécifique
sur la dépendance dans sa dimension psychique profonde.
Dans les Cahiers jungiens de psychanalyse (2018),
un article de référence sur ce sujet rappelle que
le terme de dépendance parcourt l'ensemble de l'œuvre de Jung
dans des acceptions différenciées,
renvoyant à des champs spécifiques d'exploration
de l'inconscient personnel et collectif.
Jung notamment écrit que
l'expérience d'une dépendance consiste à étourdir la conscience d'une personne
et à la libérer de son anxiété et de sa douleur,
tout comme le ferait un analgésique.
Cette formulation est d'une précision clinique saisissante.
La dépendance affective est, dans cette lecture,
un anesthésiant psychique c'est à dire quelque chose qui atténue la douleur de ne pas être en contact avec soi.
La psychanalyse jungienne offre une clé de lecture
que les autres approches n'ont pas.
Jung décrit dans Les Types psychologiques (1921) et dans
Les Relations entre le moi et l'inconscient (1928)
deux archétypes centraux :
l'Anima : l'âme féminine dans la psyché masculine et l'Animus : l'âme masculine dans la psyché féminine.
Ces archétypes sont des images intérieures.
Mais quand ils ne sont pas reconnus comme intérieurs,
ils sont projetés à l'extérieur sur la personne aimée.
C'est le mécanisme central de la dépendance affective :
L'autre ne devient pas seulement une personne aimée.
Il devient le porteur de notre propre totalité non intégrée.
Il porte nos capacités refoulées, nos désirs non assumés,
notre force que nous n'osons pas revendiquer,
notre douceur que nous n'osons pas habiter.
Et quand il disparaît ou quand la relation se termine, quand il s'éloigne ce n'est pas seulement lui qui part.
C'est la partie de nous-mêmes
que nous lui avions confiée.
C'est pourquoi la rupture dans la dépendance affective
ne ressemble pas à une rupture ordinaire.
Elle ressemble à une amputation.
La dépendance affective ne commence pas à l'âge adulte.
John Bowlby, psychiatre britannique,
développe dans Attachment and Loss (1969-1980)
sa théorie de l'attachement qui révolutionne la compréhension clinique :
les patterns relationnels adultes
reproduisent les patterns d'attachement de l'enfance.
Un enfant dont les besoins affectifs n'ont pas été
reconnus, répondus, sécurisés de façon consistante,
développe un attachement dit insécure —
anxieux, ambivalent ou désorganisé.
Cet attachement insécure ne reste pas dans l'enfance.
Il se réactive dans chaque relation adulte significative,
produisant les mêmes terreurs :
Et s'il/elle m'abandonnait ?
Et si je ne valais pas assez pour être aimé(e) ?
Et si mon amour ne suffisait pas à le/la garder ?
Donald Kalsched, dans The Inner World of Trauma (1996),
va plus loin encore.
Il décrit comment les traumas d'attachement précoce
créent des protecteurs intérieurs — des parties de la psyché
qui vont jusqu'à saboter les relations saines
pour éviter de revivre la blessure originelle.
La dépendance affective est souvent gouvernée par ces protecteurs :
Reste dans cette relation toxique — au moins, tu connais cette douleur-là.
La douleur de l'inconnu est pire.
En accompagnant des personnes au Maroc,
je rencontre une couche supplémentaire
que la littérature clinique occidentale ne voit pas toujours.
La culture marocaine valorise profondément le lien.
La famille, le couple, l'appartenance collective.
La solitude n'y est pas seulement inconfortable —
elle est souvent vécue comme une honte (hchouma).
Dans ce contexte,
la dépendance affective peut être renforcée
par une pression culturelle qui valide le sacrifice de soi
pour le maintien du lien.
Une femme qui reste dans une relation douloureuse
n'est pas seulement gouvernée par sa peur de l'abandon.
Elle est aussi gouvernée par la peur du regard familial,
par le poids des attentes collectives,
par l'idée — souvent non formulée —
que sa valeur dépend de sa relation.
Un accompagnement de la dépendance affective au Maroc
qui ne tient pas compte de cette dimension
passe à côté de l'essentiel.
Les signes ne sont pas toujours évidents
parce qu'ils ressemblent à de l'amour.
La peur panique de la perte
Une anxiété intense — physique, viscérale —
quand l'autre ne répond pas, s'éloigne,
prend du temps pour lui.
Cette anxiété n'est pas proportionnelle
à la menace réelle.
Elle est proportionnelle à la blessure intérieure ancienne.
Le besoin de réassurance permanente
Est-ce que tu m'aimes encore ?
Est-ce que tout va bien entre nous ?
Est-ce que je t'ai déçu(e) ?
Ce besoin de réassurance ne se satisfait jamais durablement.
Il se reconstitue dès que l'autre a répondu.
L'oubli de soi
Les désirs propres, les amis, les activités personnelles —
tout cède progressivement face à la relation.
L'identité se dissout dans l'autre.
Les relations répétitives
Les mêmes types de personnes.
Les mêmes scénarios.
La même douleur sous des costumes différents.
Jung aurait dit : le même complexe qui se réactive
à travers des visages différents.
La difficulté à partir même quand on sait
Savoir que la relation est toxique.
Le voir clairement.
Et ne pas pouvoir partir.
Ou partir — et revenir.
Et repartir — et revenir encore.
Marion Woodman, dans Addiction to Perfection (1982),
décrit la dépendance relationnelle comme
un substitut de la relation avec le Soi —
ce centre transcendant de la psyché jungienne,
cette profondeur intérieure
que la personne n'a pas encore appris à habiter.
Tant qu'on cherche chez l'autre
ce qu'on n'a pas trouvé en soi-même,
on sera dépendant de cet autre.
L'accompagnement de la dépendance affective
dans la perspective jungienne
ne consiste pas à enseigner l'autonomie
ni à décider qu'on devrait souffrir moins.
Il consiste à retrouver ce qui a été projeté.
À rapatrier chez soi les forces, les qualités, les capacités
qu'on avait confiées à l'autre.
À construire — lentement, avec toutes les résistances que cela demande —
une relation avec sa propre profondeur.
C'est ce que Jung appelait l'individuation.
Devenir pleinement soi-même —
non pas à la place de l'autre,
mais avant lui, avec lui, et au-delà de lui.
Les outils que je mobilise dans cet accompagnement :
L'analyse des rêves — les rêves montrent souvent,
avec une clarté que la conscience diurne refuse,
la nature de la blessure sous-jacente.
Consultez notre article sur le
rêve Jung.
L'imagination active —
dialogue avec les figures intérieures —
la partie qui s'accroche, la partie qui sait,
la partie qui a peur —
pour comprendre leur logique
et leur restituer leur énergie.
Consultez notre article sur
l'imagination active au Maroc.
Le travail sur l'Ombre et les complexes —
identifier le complexe d'abandon,
le complexe de la valeur conditionnelle,
et commencer à les intégrer
plutôt qu'à les projeter.
La dimension culturelle et spirituelle —
dans le contexte marocain,
déconstruire avec bienveillance
les injonctions collectives sur l'amour, l'islam, le couple et la solitude.
📱 WhatsApp : +212764447379
🌐 lapsychanalyste.com
Pour Jung, la dépendance affective est une forme d'anesthésique psychique : elle atténue la douleur de ne pas être en contact avec soi-même en cherchant dans l'autre la totalité non intégrée. La personne projette sur son partenaire ses propres aspects inconscients — l'Anima ou l'Animus — et confond cette projection avec l'amour.
L'amour nourrit — il augmente l'espace intérieur des deux personnes. La dépendance affective dévore — elle rétrécit progressivement l'espace de l'un au profit de l'autre. L'amour supporte la séparation. La dépendance affective en est terrifiée.
La dépendance affective trouve presque toujours ses racines dans les blessures d'attachement précoces. Un enfant dont les besoins affectifs n'ont pas été sécurisés développe une anxiété relationnelle qui se réactivera dans chaque relation adulte.
Oui. Mais pas en décidant d'être plus autonome ce qui ne fait que réprimer ce qui cherche à être compris. La dépendance affective se transforme par un travail en profondeur sur la blessure sous-jacente, la récupération des projections et la construction d'une relation avec sa propre profondeur intérieure.
Oui. Je propose des consultations en ligne depuis Rabat, en français ou en darija, pour toutes les personnes au Maroc et dans la diaspora marocaine. La dépendance affective est l'une des souffrances les plus fréquentes dans ma pratique clinique.
Je suis Ghosnelbane Rose Rochdi, psychanalyste à Rabat d'orientation Jungienne. La psychanalyse Jungienne se pratique en face à face et non sur un divan donc je propose mon accompagnement de psychanalyste à Rabat et psychothérapeute en ligne. Ce blog explore les chemins de la psychanalyse, de la psychothérapie existentielle et du travail intérieur sur soi. Vous y trouverez des articles dédiés aux rêves, à la symbolique du corps, à la spiritualité, ainsi qu’à la quête de sens dans la vie quotidienne. À travers une approche à la fois clinique et humaniste, je partage des réflexions issues de ma pratique, de ma formation universitaire et de mon expérience personnelle. Chaque texte vise à éclairer les grands thèmes de la psychologie profonde : l’individuation, l’inconscient collectif, les archétypes, ou encore la relation entre le Soi et la culture. Ce blog s’adresse à toute personne curieuse de mieux comprendre ses émotions, ses blocages ou ses rêves. Il s’inscrit dans une démarche d’ouverture, où la psychanalyse rencontre la culture marocaine, les traditions spirituelles et les enjeux contemporains de la santé psychique. Que vous soyez en recherche de compréhension de soi, d’apaisement émotionnel ou de transformation intérieure, ces écrits ont pour vocation de vous accompagner dans votre cheminement vers plus de liberté, d’unité et d’authenticité.
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