Le deuil du père : quand l’image tombe, que l’âme saigne et que Dieu soutient

posted by La psychanalyste12/16/2025

Il existe des pertes que l’on croit pouvoir anticiper. Des douleurs que l’on pense comprendre avant qu’elles n’arrivent. Et puis il y a le deuil du père. Une épreuve que l’on imagine… mais que l’on ne connaît jamais vraiment tant qu’on ne l’a pas traversée. Quand le père disparaît, ce n’est pas seulement un être aimé qui s’en va. C’est une image fondatrice qui s’effondre. Un axe intérieur qui vacille. Une verticalité qui se brise. Ce texte est né de cette traversée. À la croisée de la psychologie, de la spiritualité et de l’expérience vécue.

1. Il y a une douleur que les mots ne savent pas dire

Il y a une douleur que les mots ne savent pas dire.
Une douleur que l’on imagine avant…
mais que l’on ne connaît jamais vraiment tant qu’on ne l’a pas vécue.
La perte du père appartient à celles-là.
On croit savoir.
On se prépare.
On anticipe.
Mais lorsque cela arrive, la douleur dépasse toute représentation.
Elle traverse le corps.
Elle envahit le cœur.
Elle fait vaciller le monde.
Et pourtant… on se relève.
Pas immédiatement.
Pas sans larmes.
Pas sans silence.
On pleure de l'intérieur et on se relève.

2. La blessure du père est une blessure de l’âme

Le père n’est pas seulement un homme.
Il est un axe.
Un repère.
Une verticalité.
Quand il disparaît — ou quand son image s’effondre — ce n’est pas seulement un être aimé que l’on perd, c’est une structure intérieure qui se fissure.
Freud parlait de la chute de l’autorité.
Jung parlait de la chute de l’imago paternelle.
L’islam, lui, nous enseigne que toute âme goûtera la mort :
كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ
« Toute âme goûtera la mort »
(Sourate Al-‘Imran, 3:185)
Mais entre le verset et l’expérience, il y a l’abîme du vécu.

3. Tant qu’on ne l’a pas traversée, on ne sait pas

On peut entendre mille paroles de consolation.
On peut lire mille textes.
On peut s’appuyer sur la foi.
Mais tant que la perte n’a pas traversé le cœur, on ne sait pas.
La douleur du deuil du père est indescriptible, car elle touche à l’origine.
Elle réveille l’enfant que nous avons été.
Elle réactive la dépendance, la protection, la peur d’être seul face au monde.
Et pourtant… la foi n’annule pas la douleur.
Elle l’accompagne.

4. Dieu n’efface pas la peine, Il la rend habitable

Dans la tradition musulmane,
Dieu n’est pas Celui qui supprime l’épreuve,
Il est Celui qui soutient dans l’épreuve.
اللَّهُ لَطِيفٌ بِعِبَادِهِ
« Allah est Subtil et Bienveillant envers Ses serviteurs »
(Sourate Ash-Shura, 42:19)
La spiritualité ne nie pas la tristesse.
Elle lui donne un sens.
On pleure.
On se souvient.
On traverse la nuit.
Puis, peu à peu, on commence à penser aux bons moments.
Aux paroles transmises.
Aux gestes.
Aux silences pleins.
Et quelque chose change.

5. Le père ne disparaît pas : il s’intériorise

Comme l’a montré Carl Gustav Jung dans la psychologie analytique, la figure du père ne disparaît pas avec la mort, mais se transforme en principe intérieur structurant de la psyché. Il dirait que le père quitte l’extérieur pour devenir principe intérieur.
L’islam dirait que les liens véritables ne se rompent pas avec la mort.
وَلَا تَقُولُوا لِمَن يُقْتَلُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَمْوَاتٌ ۚ بَلْ أَحْيَاءٌ
« Ne dites pas de ceux qui sont morts qu’ils sont morts : ils sont vivants… »
(Sourate Al-Baqarah, 2:154)
Le père demeure dans le cœur.
Comme une part de nous.
Comme une mémoire vivante.
On ne le porte plus devant soi.
On le porte en soi.

6. L’invisible devient un lieu de rencontre

Dans l’islam comme dans la psychologie jungienne, le rêve est un espace sacré.
Un lieu où l’invisible parle.
Un lieu où les absents peuvent apparaître.
Un lieu où l’âme se relie à ce qui la dépasse.
Beaucoup rencontrent leur père en rêve.
Parfois sans paroles.
Parfois par un simple regard.
Parfois par une présence apaisante.
Ces rêves ne sont pas des illusions.
Ils sont des espaces de consolation symbolique ou peut être un visite dans un autre monde.
Des lieux où Dieu permet à l’âme de se réorganiser.

7. Le deuil du père devient un chemin spirituel

Dans la vision imamique, le deuil est une épreuve initiatique.
Il nous apprend :
• la patience (sabr),
• l’abandon confiant (tawakkul),
• l’humilité devant le décret divin (qadar).
Il nous rappelle que nul n’est éternel…
sauf Dieu.
Et paradoxalement,
c’est souvent dans cette perte
que l’on se rapproche le plus du Sens.

8. Le père reste. Autrement.

Il ne guide plus par la voix.
Il ne protège plus par le geste.
Mais il demeure : dans les valeurs transmises, dans les choix que nous faisons, dans la verticalité que nous incarnons à notre tour.
Faire le deuil du père, ce n’est pas l’oublier.
C’est accepter que ce qu’il était pour nous devienne ce que nous devenons pour nous-mêmes.

9. Et Dieu, Lui, demeure

Le Coran rappelle que c’est par le rappel de Dieu que les cœurs trouvent l’apaisement, une vérité qui accompagne profondément les personnes endeuillées.
Quand le père s’en va, Dieu reste.
Quand le monde vacille, Dieu demeure.
أَلَا بِذِكْرِ اللَّهِ تَطْمَئِنُّ الْقُلُوبُ
« C’est par le rappel de Dieu que les cœurs s’apaisent »
(Sourate Ar-Ra’d, 13:28)
Et dans cet apaisement lent, profond, sincère,
le deuil cesse d’être une chute…
pour devenir un passage.

Accompagner le deuil du père : une parole incarnée

Ayant moi-même traversé le deuil du père, je sais à quel point cette douleur est indicible, singulière, et souvent solitaire, même entouré.
On peut être croyant.
On peut être fort.
On peut être préparé.
Et pourtant, lorsque le père disparaît, quelque chose s’effondre en silence.
C’est depuis cet endroit — à la fois humain, spirituel et clinique — que j’accompagne aujourd’hui celles et ceux qui traversent le deuil.

Mon accompagnement – Thérapie du deuil
J’accompagne les personnes en deuil dans ce chemin intérieur qui,
lorsqu’il est traversé avec justesse,
peut devenir une véritable thérapie du deuil :
• non pas pour effacer la douleur,
• mais pour lui donner une place vivable,
• un sens,
• et une continuité intérieure.
Le deuil du père ne se “résout” pas.
Il se traverse.
Il se symbolise.
Il s’intègre.
Jusqu’à ce que l’absence devienne présence intérieure,
et que la vie puisse, doucement, reprendre son mouvement.
Les consultations se font à Rabat ou en ligne partout au Maroc et pour les Marocains du Monde, dans un cadre respectueux, confidentiel et profondément humain.

Faire le deuil du père,
ce n’est pas tourner une page.
C’est accepter que ce qu’il était pour nous
devienne ce que nous portons désormais en nous.
Et quand la verticalité humaine s’effondre,
Dieu demeure.
Et parfois, c’est dans cette perte que naît une foi plus nue, plus vraie, plus intime.

Pour toute demande d’information ou pour réserver une première consultation :
📞 WhatsApp : +212 7 64 44 73 79
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Je suis Ghosnelbane Rose Rochdi, psychanalyste à Rabat d'orientation Jungienne. La psychanalyse Jungienne se pratique en face à face et non sur un divan donc je propose mon accompagnement de psychanalyste à Rabat et psychothérapeute en ligne. Ce blog explore les chemins de la psychanalyse, de la psychothérapie existentielle et du travail intérieur sur soi. Vous y trouverez des articles dédiés aux rêves, à la symbolique du corps, à la spiritualité, ainsi qu’à la quête de sens dans la vie quotidienne. À travers une approche à la fois clinique et humaniste, je partage des réflexions issues de ma pratique, de ma formation universitaire et de mon expérience personnelle. Chaque texte vise à éclairer les grands thèmes de la psychologie profonde : l’individuation, l’inconscient collectif, les archétypes, ou encore la relation entre le Soi et la culture. Ce blog s’adresse à toute personne curieuse de mieux comprendre ses émotions, ses blocages ou ses rêves. Il s’inscrit dans une démarche d’ouverture, où la psychanalyse rencontre la culture marocaine, les traditions spirituelles et les enjeux contemporains de la santé psychique. Que vous soyez en recherche de compréhension de soi, d’apaisement émotionnel ou de transformation intérieure, ces écrits ont pour vocation de vous accompagner dans votre cheminement vers plus de liberté, d’unité et d’authenticité.